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Famille Meynardie de Lavaysse, papetiers de Couze.

 

Le premier personnage à apparaître dans l'histoire de notre région, se nomme François Meynardie, sieur de Lavaysse, époux d'Isabeau Guy, demeurant au village de la Malroussie à Clérans, qui baptise son fils Jean, en 1670, dans l'église de Clérans. 1)

 

Cette famille tire son nom d'un lieu Meynardie,  nom composé à partir du nom d'homme Meynard et du suffixe latin "ia", désignant "le domaine ou la maison d'un nommé Meynard". Comme la Robertie désigne le domaine de Robert ou la Jaubertie celui de Jaubert.

Cette série de noms qui datent pour les plus anciens du Moyen-Age, va devenir ensuite celui de du tenancier ou celui de l'occupant suivant. Ainsi, si nous prenons les exemples d'un Pierre ou d'un Paul  habitant près d'un pont, il va  peu à peu se nommer Pierre ou Paul du Pont. Il en fut de même pour un Pierre ou un Paul habitant Meynardie. Avec le temps il deviendra Pierre ou Paul Meynardie.

Le dictionnaire topographique de la Dordogne, nous donne dix lieux portant le nom de Meynardie. Il n'est donc pas possible de préciser lequel a été le berceau originel de cette famille.

Pour le titre de sieur de La Vaysse ou Lavaysse, il faut probablement situer ce lieu dans la commune de Faux. Un acte de décès de Marie Mélanie Meynardie de Roussille, atteste qu'une branche de cette famille résidait encore à Faux. Nous verrons plus loin que la branche de Clérans, puis celle de Couze, portaient aussi le titre de sieur de Roussille, avec celui de Lavaysse et de Nadalie (les archives donnent parfois le nom de Nadelie, Nadelle, Nadillie).

D'après Jean Claude Faipeur, qui a relevé les registres d'état civil, il existait aussi une branche protestante à Clérans. Une conversion à la religion catholique au XVIIIe siècle, relevée par le curé de l'époque l'atteste. Mais également les baptêmes de Zacharie, Marthe, Jézabel, et Marthe-Marie Meynardie, lesquels sont notés avoir été baptisés au désert  2).

Ils pourraient être apparentés aux Meynardie habitant Bergerac dont plusieurs membres apparaissent parmi les familles protestantes ayant émigré au Québec. Elie Meynardie, né le 17/03/ 1729 à Bergerac, capitaine de navire qui  a séjourné au Québec dans les années 1750; Meynardie Pierre Claude, né le 9/09/1719 à Bergerac, qui arrive au Québec en 1750 et épouse Marie Renée Garesché en 1756. Puis le frère de ce dernier, Pierre, né le 19/01/1727 à Bergerac, qui épouse Anne Garesché en 1764, sœur de la femme de Pierre Claude.

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De la souche de Clérans, descend une lignée couzoise par Charles Meynardie, sieur de la Rousseilhie 3), habitant Clérans, lequel reconnaît en 1709, tenir à Couze, un pigeonnier et un moulin à papier appelé moulin del Sous le Roc, de monseigneur l'archevêque de Bordeaux.

Bien que l'on ne puisse pas l'affirmer, ce personnage semble bien être le même que Charles Meynardie qui épouse en 1717, Françoise de Larmandie à Clérans, dont il aura onze enfants. La famille s'installe à Couze pour des raisons professionnelles dans la première partie du XVIIIe siècle. Les membres de cette lignée portent désormais le nom de Meynardie Lavaysse. Il  n'est plus question de sieur de Roussille dans cette branche.

Un livre de compte tenu par un membre de la famille, daté de 1736, atteste que les Meynardie commerce alors avec tous les papetiers de Couze, et en 1741, le moulin Sous-le-Roc, est devenu propriété de Jean Meynardie. Le maître papetier se nomme alors Daniel Greslou.

Un peu plus tard, Jean Meynardie exploite deux moulins dont il est propriétaire; le Moulin sous le Roc, et le moulin del Chay 4). Ce dernier reconstruit en 1751 après un incendie, était le plus important de Couze et le seul à être pourvu d'une pile à huit maillets 5) . Entre 1772 et 1775, les affaires ne sont pas fleurissantes pour Jean puisqu'il fait une requête tendant à obtenir un prêt de 12000 livres pour subvenir à l'entretien de sa famille et de son établissement. 6)

Jean Meynardie avait épousé Anne Geoffre et c'est à partir de ce couple que l'on peut faire une filiation assez suivie des Meynardie de Lavaysse, branche de Couze-et-Saint-Front.

 

Toutefois, notons qu'entre 1766 et 1804, Jacques Samuel, un frère ou un cousin de Jean Meynardie apparaît comme  notaire à Lalinde. Il sera le notaire de la famille Meynardie de Lavaysse dans un acte daté de 1804, ce qui laisse penser qu’il existait un lien de parenté. Il épouse Anne Louise Lacombe dont il aura deux filles. Elles se marient toutes les deux à Lalinde: Julie, avec un nommé Jean Lavigne de Badefols sur Dordogne, le 10 pluviose an VII et Marie mariée à Jacques Travers de Lalinde le 10 Floréal an VIII.  

 

Descendance de Jean Meynardie de Lavaysse et de Anne Geoffre. (7

 

1.      David Meynardie de Lavaysse, qui suit.

2.      Catherine, dont la succession ira à sa sœur Marie, épouse Ballande et à sa belle sœur Marguerite Escodéca épouse de David Meynardie. En 1833, lors de sa succession, le notaire Jacques Boisserie de Lalinde, parle de feue mademoiselle Catherine Meynardie, ce qui suppose qu’elle ne fut pas mariée. Elle avait testé en 1820 devant maître Valeton.

3.      Marie, qui épouse un fils Ballande, une autre grande famille papetière couzoise.

 

Ÿ         David Meynardie de Lavaysse. Décédé à Couze le 29 juillet 1832. Il avait épousé Marguerite Escodéca. Sont issus de cette union:

1.      Jean Léonard, qui suit.

2.      Léonard.  Né vers 1762, élu caporal de grenadier en 1792, il meurt à Marseille le 2 décembre 1833, lieutenant de grenadier. Sa succession ira à sa mère Marguerite Escodéca, à Jean son frère et à Marie sa sœur.

3.       Marie. Dont on ne sait rien.

Jean Léonard Meynardie de Lavaysse. Né entre 1790 et 1805 à Couze. Il  épouse Catherine Laure Augusta de Montard dont il aura trois enfants. En 1828, Jean encore célibataire se trouvait à Tarbes. Il exerçait le métier de formaire.(8 Il rachète pour 5 ans un brevet de procédé économique du papier avec un nommé Abadie, fabricant de papier.

1.      Pierre Louis Anatole, né le 19 décembre 1840 à Couze, qui suit.

2.      Gustave, notaire à Lachapelle-Montmoreau de 1895 à 1903 il épouse Marguerite Maraval, dont il eut deux filles, Paule en pension « Aux dames de Nevers » à Nontron en 1891, et Jeanne. Il racheta à sa belle-mère une propriété située à la Madeleine.

3.      Marie Anne Laure, née le 15 août 1855 à Couze.

 

 

Ÿ         Pierre Louis Anatole Meynardie de Lavaysse, exerçant la profession de formaire filigraniste, épouse le 14 octobre 1867, Jeanne Jardel, née à Couze le 14 avril 1850, fille mineure de Raymond Jardel, fabricant de papier, et Marguerite Ballande.

De cette union naîtront six enfants dont quatre décéderont en bas âge.

1.      Catherine Laure Auguste, née à Couze le 9 avril 1869, et décédée le 4 janvier 1870.

2.      Marguerite Laure Auguste, née à Couze le 17 mai 1871. Elle épousera Léon Vitrac, courtier en immeubles, demeurant à Sarlat.

3.      Léonard Antoine, né à Couze le 11 mai 1873, décédé le 1 avril 1874.

4.      Anne Marie Aimée Antoinette, née à Couze le 28 avril 1874, décédée  19 février 1879.(9

5.      Marguerite Marie-Louise, née à Couze le 23 septembre 1879. Elle épousera Prosper Maximin Casimir Avizou, employé S.N.C.F, chef de gare à Poitiers.

6.      Marguerite née à Couze le 8 octobre 1882, décédée le 30 septembre 1883.

 

 

Pierre Louis Anatole décède à Couze le 14 octobre 1914, laissant pour seules héritières ses deux filles. Son frère Gustave, n’ayant eu que deux filles, cette branche des Meynardie de Lavaysse s’éteindra au début du XIXe siècle.

  sceau de Meynardie de Lavaysse

Gustave Meynardie de Lavaysse notaire à Lachapelle-Montmoreau de 1895 à 1903, employait un cachet armorié qui appartenait à la famille Meynardie de Lavaysse. Les armes sont identiques à celles  déclarées par Jean Meynardie, l’aîné, sieur de Nadillie, habitant le bourg de Clérans, au Grand armorial général de d‘Hozier. Ordonnance du 26 novembre 1700 : « échiqueté d’argent et de gueules ».

 

 


 1) Un bourg castral en Périgord. Clérans. Jean Claude Faipeur. 2002.
 
 2) Le Désert est un terme qui désignait les lieux clandestins où les protestants pratiquaient leur dévotion pendant les périodes des persécutions entre 1685, révocation de l'Edit de Nantes et 1787, date de l'Edit de Tolérance.
 
 3)  Hameau de Roussille Cause de Clérans Rossilho (livre noir), Rossilla 1460.

4) Un état de la Subdélégation de Bergerac, daté de 1772,  atteste que Jean Meynardie de Lavaysse est propriétaire et exploitant de deux moulins à Couze.

 

 5) Couze-et-Saint-Front. Abbé Simon. Imprimerie Trillaud Bergerac. 1950.

 

 6)  Archives de la Gironde. Inventaire sommaire d'avant 1790. C 1602. 

 

7) D'après les archives de la famille Meynardie Lavaysse et Avizou. Don de Monsieur Vitrac.

 

8) Le métier de formaire parfois écrit formier, consistait à fabriquer des formes pour la découpe du papier. Ce terme est souvent employé pour qualifier le métier exercé par les Meynardie avec celui de papetier. En 1875, Pierre Anatole est qualifié de formier, dans un livre de M. Ballande-Fougedoire concernant Couze. Il est dit aussi dans cet ouvrage que l’invention, des formes  dites à jour, est l’œuvre de monsieur Ballande.  

(9)  Texte de Mme Meynardie dédié à sa fille décédée à l'âge de cinq ans: "A ma petite Antoinette Marie.

Ah ! Pourquoi Dieu quand il a pris ta vie,

N'a-t-il pas pris la notre en même temps ?

Toi dont l'aspect à notre âme ravie,

Offrait si bien l'image du printemps !

Il n'est pour nous, dans ces lieux que tu laisses,

 Nul lieu qui puisse de nos cœurs apaiser,

Et consoler les amères tristesses.

Ta bouche hélas ! n'est plus là pour baiser,

Tes mains n'ont plus d'amoureuses caresses,

Et ton babil ne sait plus nous charmer.

Mais de Jésus les caresses divines

A ton cœur pur donnent plus de bonheur

Riante et belle, aux célestes collines

Il n'est pour toi ni crainte ni douleur.

Et pourquoi donc nous plaindre du Seigneur !

 

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