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Etudes toponymiques et historiques sur plusieurs lieux du Périgord

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Badefols-sur-Dordogne

Badefols-sur-Dordogne

 

Le nom Badefol apparaît pour la première fois dans les textes en 1120.

L'étymologie la plus commune de ce nom vient d'Albert Dauzat (1), qui l'analyse comme venant de l'occitan badar (ouvrir), et fol (fou), ouvre fou. Etymologie reprise depuis par tous les historiens, mais qui est loin d'être satisfaisante. Aussi, peut-être pourrions nous en donner une plus réaliste en fouillant dans le passé historique du village.

Une découverte archéologique, dans les champs avoisinants le village nous ouvre une autre perspective, tout en nous donnant un indice de l'occupation du site antérieure au Moyen-Age.

Il s'agit d'une pierre tombale portant une inscription datant de l'époque mérovingienne : "Anniberto centenario pedatore vilat esse francorum". Le centenier était un chef de troupe ayant à sa charge un secteur appelé "centaine", territoire qui avait à peu prés la superficie d'un de nos cantons actuels. Nous avons donc la certitude qu'à Badefols, un centenier mérovingien occupait la place.

Selon la tradition orale, un vieux "castrum", aurait précédé le château féodal au sommet de la colline. On peut penser que c'est là que résida le centenier nommé Annibert, car de ce promontoire, tous les mouvements routiers et fluviaux pouvaient être contrôlés. Un peu plus tard, les Gontaud de Badefols, seigneurs du lieu à partir du XIIe siècle, profiteront largement de cette situation pour taxer voyageurs et marchandises.

Entre Lalinde et Badefols-sur-Dordogne, les bords de la rivière sont très bas et permettent une traversée aisée de la Dordogne notamment en été. Plusieurs gués très anciens sont encore visibles de nos jours lorsque la rivière est basse. Il n'y a donc rien d'étonnant à ce qu'un "castrum" ait contrôlé à la fois la rivière et la route.

Annibert reste le seul personnage de l'époque mérovingienne dont nous ayons la trace, mais il est fort possible qu'il ait eu des prédécesseurs et des successeurs.

 Nous savons que l'un des procédés les plus fréquents de la nomination d'un lieu, fut,  dès l'époque gauloise, de s'en référer au nom du propriétaire.  A l'époque suivante, pendant l'occupation romaine, une majorité des noms terminés par "ac" venant du suffixe "acum", sont accolés au nom d'un ancien propriétaire. Voilà pourquoi une multitude de lieux en France portent un nom d'homme romain ou gallo-romain.

Dans un ouvrage de Marie-Thérèse Morlet (2), dans lequel elle a établi un lexique des noms germaniques, nous relevons le nom d'homme Baudulfus, nom, composé de deux termes germaniques : bade / combat, et - (w)ulfus / loup, lequel, comme nous allons le voir, a pu évoluer vers la forme moderne Badefols.

Le second terme -wulf >ulfus, a abouti à "-ol" dans le nom Arnol, Arnold, passés à Arnoul et Arnouil en zone occitane. Cette série de noms vient de arn-wulf. Nous pouvons aussi citer ce qui ont pour origine Adwulf, devenus Adol, Adolf et Adoul. 

En conclusion, Baudulfus > Bodefou > Badefol (1120),  paraît être plus logique que badar-fol, qui n'a aucun sens toponymique.

 

  C.B.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

1). Dictionnaire étymologique des noms de lieux de France. Librairie Guénégaud.
2). Les noms de personne sur le territoire de l'ancienne Gaule. Editions du CNRS. 1985. 






Les ruines du château de Badefols sur la colline qui domine la rivière



Chateau-les-ruines.JPG

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